collection Rencontre

Cette collection montre le travail d’artistes contemporains au travers de rencontres avec le philosophe Eric Manguelin, qui fait jouer ici la complémentarité entre art et philosophie.

Format 18 x 12 cm - 26 volumes

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Rencontre n°1
ISBN 2-907410-88-1
60 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Traits communs

Eric Manguelin rencontre Marine Bourgeois et A. Stella

Rencontre avec Marine Bourgeois
"[...] La beauté renvoie pour moi surtout à une certaine conscience des choses (à l’expérience), celle que je tentais de désigner par l’image de la verticalité : une justesse qui va de soi à sa propre mort, comme un fil à plomb, le présent se nourrit de cette justesse. Là réside notre beauté, face à laquelle nous sommes si paresseux, si peureux. [...]"

Rencontre avec A. Stella
"[...] j’arrive à prendre assez de distance avec mon travail pour le regarder comme si quelqu’un d’autre l’avait fait : savoir qui l’a fait n’est pas important. Ce travail m’intéresse en tant que recherche, réflexion, et proposition de vie. [...]"

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Rencontre n°2
ISBN 2-915412-02-2
72 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Regards croisés, propos d'artistes

Eric Manguelin rencontre Chantal Fontvieille et Jacquie Barral

Rencontre avec Chantal Fontvieille
"[...] Au tir à l’arc, l’archer devenu maître Zen est capable de tirer au centre de la cible les yeux fermés. Le projectile heurte, brûle et perce le carton de tir. Il entaille le support et laisse sa trace, son impact. L’impact, mémoire du geste du tireur et trou dans le support, ouvre l’espace, devant et derrière la cible et joue avec la lumière. [...]"

Rencontre avec Jacquie Barral
“[...] le dessinateur doit d’une certaine manière réussir un dessin pour pouvoir en entreprendre un autre. Dans une série, on observe souvent une montée en puissance : le premier jet reste fort, mais risque de ne pas être au point ; c’est le deuxième qui est bon, etc. Dans la peinture, il y a davantage de circularité : on peut tout défaire et tout refaire, couvrir, reprendre, etc. [...]”

 

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Rencontre n°3
ISBN 2-915412-03-0
60 pages - - Prix TTC : 9,13 €
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Constructions

Eric Manguelin rencontre Martine Clerc et Anne Mangeot

Rencontre avec Martine Clerc
"[...] Je suis une autodidacte : j’ai construit ma maison moi-même ; quand j’ai voulu fabriquer des volets en bois, j’ai senti le besoin d’apporter et de traduire quelque chose de moi. Au départ, c’était simple : je travaillais sur le plein et le vide, et cela a donné cette forme de vague, de drapé. C’était encore très proche du dessin : il s’agissait simplement d’animer une surface en relief, pour la faire jouer avec la lumière. [...]"

Rencontre avec Anne Mangeot
"[...] J’ai observé en forêt les taches du soleil passant à travers les feuillages des arbres. Cet éclairage découpe des interstices de lumière par terre, formes que je reprends et travaille ensuite. J’adapte l’ensemble à l’endroit où j’installe. [...]"

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Rencontre n°4
ISBN 2-907410-89-X
80 pages - - Prix TTC : 9,13 €
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Autrement 1

Eric Manguelin rencontre Antonio Beninca et Marie-Reine Portailler

Rencontre avec Antonio Beninca
"[...] Cela fait trente ans qu’on refuse d’admettre que pour parvenir à quelque chose dans les arts plastiques, il faut apprendre et travailler. On l’accepte bien pour la musique ! Si je décide d’apprendre le violon, je sais d’avance que je vais en baver pendant au moins dix ans.
- L’improvisation demande la plus parfaite maîtrise. [...]"

Rencontre avec Marie-Reine Portailler
"[...] Je me suis donné des contraintes et des règles très fortes : la couleur devait faire naître la forme, et le dessin ne devait pas posséder plus de quatre couleurs. Je recherche également pour les pastels un équilibre entre la surface et l’intensité des couleurs ; ici, ces trois petits points orange ont une intensité telle, qu’ils demeurent sur le même plan que cette très grande surface prune. [...]"

 

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Rencontre n°5
ISBN 2-915412-04-9
76 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Autrement 2

Eric Manguelin rencontre Erik Barray et Dominique Bajard

Rencontre avec Erik Barray
[...] Mon principal matériau de travail est l’osier, sachant que d’autres matériaux entrent aussi en ligne de compte dans ma production, comme le plâtre, avec lequel je réalise des moulages de paires de fesses dans un travail que j’appelle Les anges ne portent pas de culotte. [...]

Rencontre avec Dominique Bajard
"[...] le sculpteur sur terre sait que son matériau aura changé en quinze jours. Du coup, il est obligé de se plonger dedans et de s’y tenir, sans quoi, techniquement, il ne pourra plus reprendre certaines choses, car la terre se sera raffermie. [...]"

 

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Rencontre n°6
ISBN 2-907410-90-3

56 pages

épuisé

 

Yves Klein, un matérialisme mystique

Eric Manguelin rencontre Nicolas Charlet

Rencontre avec Nicolas Charlet
"[...] Je travaille sur les archives d’Yves Klein depuis quatre ans et je me sens très proche de lui. J’étudie ses documents inédits, qui ne sont jamais sortis des cartons et ont été consultés par des chercheurs une première fois en 1976, puis en 82, en 94 et enfin en 97 par moi-même. J’ai donc l’impression de connaître beaucoup de détails de sa vie la plus intime, puisqu’il y a toute sa correspondance. [...]"

Yves Klein, né le 28 avril 1928 à Nice et mort le 6 juin 1962 à Paris, à l’âge de 34 ans, est l’inventeur de la monochromie et l’un des membres du nouveau réalisme aux côtés de Pierre Restany, Arman, César, Dufrêne, Hains, Martial Raysse, Rotella, Niki de Saint-Phalle, Spoerri, Tinguely, Villeglé, Christo et Deschamps. Yves Klein, globe-trotter et maître du Judo (dans la tradition japonaise) a initié un art d’attitude, mêlant le geste à la parole, la réalité à la fiction, l’histoire au mythe. Inspiré par les écrits de Delacroix, de Bachelard et de Heindel (théoricien rose-croix), Klein n’a eu cesse de formuler une cosmogonie où l’harmonie et la complémentarité se subordonnent au désordre et au conflit : le vide en devient la présence immatérielle du bleu, le saut dans le vide la poétique de l’impulsion suspendue, le feu la puissance lumineuse de l’eau, l’or la mystique de la matière.

 

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Rencontre n°7
ISBN 2-907410-91-1
52 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Poser, reposer

Eric Manguelin rencontre Gérard Pascual et Martine Bubb

Rencontre avec Gérard Pascual
"[...] Toutes les vitres de la maison avaient été passées au blanc d’Espagne, avec sur certaines d’entre elles des espaces en forme de trous, des oculus, des points "zéro" laissant par ce seul endroit passer la lumière ou une image photographique. [...]"

Rencontre avec Martine Bubb
"[...] Mon projet photographique est parti de ma chambre, que j’avais commencé par recouvrir de papier noir, pour en faire une chambre noire, au sens strict. [...]"

 

A

Rencontre n°8
ISBN 2-907410-92-X
92 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Deux artistes et l'ego

Eric Manguelin rencontre Gérard Mathie et Serge Brossy

Rencontre avec Gérard Mathie
"[...] Il s’agissait de travailler en liaison avec des entreprises et j’avais choisi l’outil photocopieur (qui me tentait depuis longtemps) sur la liste des matériaux potentiellement utilisables ; le but du "jeu" était de produire en direct sur un week-end des œuvres destinées à être vendues au profit d’une cause humanitaire. [...]"

Rencontre avec Serge Brossy
"[...] - Comment situez-vous la théorie dans votre pratique picturale ?
D’abord, il me semble que la théorie s’avère souvent postérieure au travail artistique. Il paraît donc intéressant, à la limite, de se demander à quoi elle sert. A quoi bon théoriser par des mots une œuvre faite pour être perçue par le système visuel ? La théorie peut suivre deux directions : soit sensorielle (et elle s’impose), soit intellectuelle (et elle s’échafaudera par des réflexions). [...]"

 

A

Rencontre n°9
ISBN 2-907410-93-8
64 pages - Prix TTC : 9,13 €
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L'Evénement

Eric Manguelin rencontre Anto Cabraja et Bernard Bajard

Rencontre avec Anto Cabraja
"[...] Je pense que la question de la théorisation des arts plastiques est très intéressante, mais qu’il est très difficile d’y répondre, en premier lieu parce que beaucoup de philosophes et d’artistes se sont posé cette question. Pour ce qui est de l’artiste, il s’efforce souvent de comprendre la théorie dont il use ou qu’il construit, cette recherche déviant quelquefois le chemin qu’il comptait suivre et pouvant l’empêcher de construire son art. [...]"

Rencontre avec Bernard Bajard
"[...] Le résultat final n’est pas du tout hasardeux, du point de vue de la composition, car il doit être maîtrisé. Il m’arrive de trouver le dessin impeccable, mais non la couleur, ou inversement : je suis alors obligé de tout détruire. [...]"

 

A

Rencontre n°10
ISBN 2-907410-94-6
64 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Entre-deux

Eric Manguelin rencontre Clément Montolio et Marie Pinoteau

Rencontre avec Clément Montolio
"[...] Il y a un devant et un derrière le corps et d’une certaine façon un principe de transparence du corps. Mon but était que le corps n’obère pas le fond et existe avec lui, comme si le fond pouvait le traverser, bref traverser les apparences ! [...]"

Rencontre avec Marie Pinoteau
"[...] - Vous parliez du « fragment ». Votre peinture est fragmentaire ?
- Oui, mais c’est aussi une recomposition du monde, puisqu’en plus j’utilise comme support le journal Le Monde, que je fragmente, découpe, colle, contre-colle, recompose et maroufle. [...]"

 

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Rencontre n°11
ISBN 2-907410-95-4
68 pages - Prix TTC : 9,13 €
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A la frange du conceptuel

Eric Manguelin rencontre Francis Tuzet et Aymerick Ramilison

Rencontre avec Francis Tuzet
“[...] - C’est l’inverse de la perspective : le point de fuite se situe vers toi.
- Voilà, plus on s’éloigne, plus les choses grossissent. Du coup, les personnages qui de loin paraissent fusionner, s’isolent quand on se rapproche. [...]”

Rencontre avec Aymerick Ramilison
“[...] Donc, dans mon processus, même si tout est pensé à l’avance dans le fond, c’est en fonction de l’évolution de la construction du précepte que je m’efforce justement d’investir dans la forme ce que j’ai envie d’y investir de plus profond, c’est-à-dire une émotion, qui peut être diverse et provenir de l’humour, du rêve, de l’ironie, de l’amusement, etc. Ce peut être aussi une émotion intellectuelle. [...]”

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Rencontre n°12
ISBN 2-907410-96-2
64 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Design, deux versions

Eric Manguelin rencontre François Bauchet et Vincent Lemarchands

Rencontre avec François Bauchet
"[...] Il me semble a priori qu’on ne peut pas dégager une pensée qui soit liée à la collecte de réactions ou d’attitudes d’artistes et de créateurs, car toute activité créatrice est singulière et fait fi des lois prévisibles de l’avancée du monde. [...]"

Rencontre avec Vincent Lemarchands
"[...] Il est difficile pour moi de dire si on a besoin de théoriser tout ce qu’on fait dans une Ecole d’art ou si au contraire il est préférable d’éviter de théoriser. On dit parfois que si on demandait à des musicologues d’écrire des symphonies, le résultat serait une catastrophe. Je pense que la création en art et en design demande plus de curiosité que de théorisation : on relève des choses, on les transforme et on les restitue ; c’est tout au plus un problème de méthodologie. [...]"

 

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Rencontre n°13
ISBN 2-907410-97-0
68 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Empiricité

Eric Manguelin rencontre Jean Sauboua et Samuel Mathieu

Rencontre avec Jean Sauboua
"[...] Je peins des pictogrammes, images industrielles et technologiques sans intérêt, si ce n’est qu’elles sont omniprésentes dans notre société. Ce sont ici des peintures de pictogrammes de W.C. publics. Ce qui m’intéresse en peinture, c’est la matérialité, les rapports de couleurs, de brillances, de matières ; ceci explique le choix de ces images, qui n’ont pas d’intérêt en tant qu’images. Elles se situent à la frontière entre représentation et abstraction, sont une sorte d’alphabet, un ensemble de signes [...]"

Rencontre avec Samuel Mathieu
"[...] Il n’y a pas mille couches, mais il doit y en avoir 100 à 150 ! Je ne compte pas. C’est l’épaisseur de la matière qui rend la toile aussi sombre, puisque pour moi, même si ces toiles paraissent noires, cette série est un travail sur la couleur. [...]"

 

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Rencontre n°14
ISBN 2-907410-98-9
44 pages - Prix TTC : 9,13 €
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François Méchain, leçon de choses

Eric Manguelin rencontre François Méchain

"[...] Je suis allé voir des ingénieurs forestiers (des Eaux et forêts) et je leur ai demandé de me fournir la liste de toutes les espèces d’arbres présentes sur le territoire du Portugal (une quarantaine). Je me suis ensuite rendu dans un parc de protection de la nature, et j’ai coupé une branche de chaque espèce d’arbre, choisissant les plus courbées et les reliant toutes avec des écrous apparents : l’idée était de produire une sculpture qui puisse valoir comme une métaphore du Portugal... [...]"

 

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Rencontre n°15
ISBN 2-915412-15-4
76 pages - Prix TTC : 9,13 €
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La photographie entre le réel et sa représentation

Eric Manguelin rencontre Nadège Rancon, Philippe Pétremant et Fabien Pérani

Nadège Rancon – Rencontre du 26 juin 2000
C’est ici une série de photographies d’objets réels et d’images d’objets.
- Le bol est une image et l’oignon est un objet réel ?
Non, c’est le contraire. C’est un trompe-l’œil.
- Le bol est flou, ce qui laisse à penser qu’il s’efface, alors que l’image de l’oignon blanc est nette et semble plus réelle que le bol.
Oui, en fait je travaille sur la perception des objets. Rien n’est réel, car j’ai d’abord pris une photo floue d’un vrai bol, pour coller dessus une image d’oignon et photographier à nouveau le tout. [...]

Philippe Pétremant – Rencontre du 12 juin 2000
- Comment situes-tu la théorie dans ton travail ?
J’ai du mal à distinguer ma pratique de la photographie ou du dessin de ce que je pense. Certaines fois, c’est plutôt une réflexion qui mène mes recherches plastiques ; d’autres fois, au contraire, ce sont des découvertes plastiques qui viennent coïncider avec une réflexion plus conceptuelle ; mais je n’ai pas l’impression que l’une prenne le pas sur l’autre. Cela s’alterne. J’ai des phases où je mène de petites recherches (par des brouillons par exemple), et d’autres où je prends un peu de recul pour tenter une analyse. Et parfois des choses finissent par se dégager. Le risque est de tomber dans l’illustration, dans une mise en images de la réflexion. [...]

Fabien Perani – Rencontre du 9 juin 2000
- Quelle théorie élabores-tu de ta propre pratique photographique ?
De ne pas intellectualiser ! Je veux réaliser des photos les plus simples qui soient, avec les sujets les plus simples, bref j’entends épurer le plus possible le discours et la façon de prendre les photos. Je veux que cela soit compréhensible sans cogitation. Je revendique le non-sérieux de mon travail, tant par rapport à moi que par rapport au rôle de l’artiste et à son pseudo-pouvoir créatif. [...]

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Rencontre n°16
ISBN 2-915412-16-2
60 pages - Prix TTC : 9,13 €
Exemplaire(s)

 

Art et théorie : contre ou pour

Eric Manguelin rencontre Hélène Jacob et Paul Crépet

Hélène Jacob – Rencontre du 29 août 2000
J’expose des peintures dans une galerie à Roanne. Quand j’étais aux Beaux-Arts à Saint-Étienne, je peignais sur des cubes de cyporex enduits de molda dur ; j’en ai un exemplaire à la cuisine.
- Le cyporex est-il un genre de plâtre ?
Non, c’est un matériau que l’on peut tailler et le molda est un plâtre de modelage ; j’en avais découpé une série de cubes. Ici, c’est un autoportrait fait à la peinture à l’huile et j’aimais bien que le matériau soit du plâtre brut.
- C’est une matière un peu rugueuse, qui possède des aspérités.
Oui, et puis elle pompe la peinture, donnant une image un peu « chromo ». [...]

Paul Crépet – Rencontre du 30 mai 2000
Une réflexion sur le travail doit s’effectuer après l’élaboration d’une forme plastique. Ma thèse va à l’encontre de ce que peut produire un artiste conceptuel comme Robert Filliou, qui pose d’abord tout ce qu’il va faire avant de le réaliser. Jean-Luc Godard, dans le cinéma, part aussi d’un concept filmique de base, mais le scénario prend quand même ensuite chez lui toute la place qui lui revient, tandis que chez Filliou, c’est vraiment : « je conceptualise, je pose ce que je veux faire et je le fais ; ma réflexion délimite totalement les frontières de l’objet ».
- Sans aucune surprise ou improvisation ?
Pas pour ce que j’en connais. Ma foi, il y a peut-être des œuvres qui échappent à cette règle, puisqu’à chaque règle se pose toujours une exception (comme le dit Jean-Luc Godard)... Je pense qu’une réflexion sur l’acte artistique ne peut naître que lorsque le travail artistique est effectué. [...]

 

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Rencontre n°17
ISBN 2-915412-17-0
48 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Pieddenez

Eric Manguelin rencontre Horacio Lo Greco

Horacio Lo Greco – Rencontre du 28 juin 2000
- Tu peins plusieurs toiles à la fois ?
Oui, je travaille beaucoup de choses à la fois. Ici c’est une petite série de dessins préparatoires pour des volumes, des sculptures, que j’appelle les Madone al dente, « à point ». Je suis argentin, mais mon grand-père était sicilien, et mes aïeux devaient être hellénistes. Ce côté hybride de ma personnalité ressort dans ma peinture, qui évolue entre des rappels à des thèmes très classiques et l’art brut, etc.. Ma peinture part dans des sens très différents, selon ce que je reçois sur le moment. Ces toiles ne sont pas finies, mais sont bien avancées ; je les appelle Les polyglouglous : elles ont rapport avec le charnel, l’érotisme, le sexe, la mort, l’humour, le temps. Tout autour de ces toiles, je vais sculpter des ballons saucisses d’un mètre, auxquels je donnerai les formes que je veux. Ces ballons tourneront et se dégonfleront avec le temps, finissant par gésir sur la peinture et par tomber complètement en lambeaux ; je recollerai alors d’autres ballons par-dessus, autour de la toile. Ce seront des grands tableaux de 2 m sur 2,30 m. Les « Madonna al dente », cela veut dire qu’elles sont « baisables » parce qu’elles vont être toutes trouées et percées avec des pâtes italiennes. J’entretiens un rapport à la richesse de l’Italie baroque. Ce sont ici des images, mais je ferai à la fin des volumes, des sculptures avec des pâtes, le tout étant posé sur un socle mat. [...]

 

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Rencontre n°18
ISBN 2-915412-18-9
64 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Absence, présence

Eric Manguelin rencontre Alain Hervéou

Alain Hervéou – Rencontre du 12 juillet 2000
Avant de réaliser, en 1991, ce premier travail d’autoportrait, qui porte à la fois des interrogations esthétiques et un sens, j’avais fait des choses très académiques. Cette série compte dix planches, dix travaux qui essaient d’interroger l’être, à travers les notions « d’essence » et « d’apparence » individuelles, qui s’explicitent ici par le noir et blanc et la couleur, le noir et blanc étant représentatif de l’essence, la couleur étant représentative de l’apparence. Il s’agissait pour moi en quelque sorte d’essayer de concrétiser l’idée aristotélicienne du mixte de la puissance et de l’acte, du mixte ontologique de l’âme et du corps, et aller à l’encontre des sophistes qui posent que « l’homme est la mesure de toute chose ». Je sentais très bien que le sophiste allait dire : « Alain Hervéou debout et Alain Hervéou assis n’est pas le même Alain Hervéou » et allait défendre l’idée que tout est en perpétuel changement et en perpétuelle mouvance et qu’on peut en même temps rationaliser, délier ou discuter sur ce sujet. Le sens de ces autoportraits était donc de dire : « non, il y a une essence, et l’apparence ne change pas en fin de compte l’être profond ! ». Il est vrai qu’avec le temps, nous apprenons à moduler tout cela et nous apercevons que l’être se modifie quand même tout le temps : là encore, on ne peut pas nier les apparences et le sensible. Tant le spirituel que le sensible existent, et sont en liaison directe l’un avec l’autre. [...]

 

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Rencontre n°19
ISBN 2-915412-19-7
52 pages - Prix TTC : 9,13 €
Exemplaire(s)

 

Mondes en suspension

Eric Manguelin rencontre Alain Pouillet

Alain Pouillet – Rencontre du 29 avril 2003
Ton travail a jadis beaucoup porté sur les grandes peintures d’histoire, comme les batailles d’Uccello, mais aussi l’histoire religieuse en général et chrétienne en particulier. Le lien entre le monde d’en haut, la pensée mystique, et le monde social, l’histoire, t’intéresse ; et tu entends relier dans ton art l’histoire mystique et l’histoire des hommes. Pendant des années, tu as travaillé sur l’histoire douloureuse de l’humanité, la misère, la souffrance, comme par exemple sur les massacres de Béziers, où les cathares albigeois furent massacrés en une nuit sous les ordres du Pape Innocent III.
Ton implication dans le social est forte ; tu travailles à mi-temps en art-thérapie à l’hôpital psychiatrique lyonnais St Jean de Dieu, avec des adultes malades, psychotiques. [...]

 

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Rencontre n°20
ISBN 2-915412-20-0
76 pages - Prix TTC : 9,13 €
Exemplaire(s)

 

Un peintre authentique

Eric Manguelin rencontre Voulouzan

Voulouzan – Rencontre du 23 octobre 2003
Tes outils de peintre sont des peintures épaisses à l’huile de différentes couleurs et des truelles de maçon ; ton style est expressionniste. Tu répands la peinture épaisse à la truelle, sans savoir exactement ce que cela va donner, car tes yeux ne voient alors pas ce que ta main, qui manie en aveugle la truelle opaque, est en train de réaliser. Tu peins le plus souvent sur toile, mais aussi parfois, lorsque tu veux saisir une situation et que tu es en panne de toiles, sur papier, que tu maroufles ensuite sur une toile. Comme tout peintre expressionniste, tu travailles dans l’émotion et la spontanéité.
Peindre ce tableau-ci, que tu aimes particulièrement, ne t’a demandé que quelques minutes. Tu ne situes initialement sur tes toiles que la silhouette du ou des personnages, que tu aimes travailler d’un seul jet. Le rendu en est alors coulé, fluide, tandis que les tableaux que tu reprends après coup sont plus contractés et torturés. [...]

 

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Rencontre n°21
ISBN 2-915412-21-9
64 pages - Prix TTC : 9,13 €
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L'archéologie, la trace

Eric Manguelin rencontre Hélène Véga, Mauricette Kuhn, Armand Tatéossian et Erik Barray

Hélène Véga – Rencontre du 17 mai 2003
Tu développes dans tes tableaux des carrés, des rectangles, des formes assez anguleuses, et exploites très peu de formes rondes. Le carré et le rectangle sont tes éléments de base, car ils sont modulables à volonté et t’offrent des points de repère pour partir directement et instantanément sur la toile blanche. Cela ne te pose pas de problème et vaut mieux pour toi que de partir d’un modèle. Quand tu commences un tableau, tu ne sais ainsi jamais comment il se terminera.
Tu es née en Algérie, et cela a rapport avec ce graphisme quasi arabe présent dans de nombreux détails de tes tableaux. Des spirales sont également présentes dans tes peintures, mais il faut s’approcher de la toile pour les voir. [...]

Mauricette Kuhn – Rencontre du 15 juillet 2003
Après avoir longtemps mené des recherches techniques pour déterminer un support plastique à la fois solide, léger et maniable, tu as aujourd’hui trouvé ton matériau de prédilection. A l’origine, tu travaillais avec des plaques de terre, mais cela n’allait pas, car tu ne pouvais pas aller au-delà d’un certain format. Tu utilises exclusivement des matériaux de construction, comme de la laine de verre, des enduits-colle, et évites ainsi les formats carrés bien propres. Si les bords de la pièce étaient droits, nets, au recouvrement fin, cela ne rendrait pas cette fragilité, ce souffle de vie que tu veux transmettre à tes réalisations.
Ton travail se réfère à l’empreinte, à la momie et à la fresque. [...]

Armand Tatéossian – Rencontre du 29 août 2003
Tu as reçu une formation de géologue, qui t’a permis de déceler un mouvement et une vie dans la profondeur des paysages, qui bougent continuellement. Nous autres humains appartenons certes à la vie, mais la nôtre est éphémère, voire superficielle, et il nous faut, par-delà notre courte vue, changer d’échelle si nous voulons découvrir la vie profonde du monde. Notre rapport au réel profond peut ainsi paradoxalement se réaliser non pas par l’expérience que nous en avons, qui est éphémère, mais par la pensée, sans jamais oublier que le réel est toujours quelque peu reconstitué par nous, donc imaginaire. Par l’imaginaire, tu entretiens donc un rapport profond avec le réel, car le réel est toujours plus profond que ce qu’on en voit ; c’est en creusant le réel qu’on va à l’imaginaire. Le monde réel est ici le monde géologique et archéologique. Quant à ton monde imaginaire propre, il est principalement issu de ta culture arménienne. [...]

Erik Barray – Rencontre du 9 avril 2003
Tu fêtes cette année tes 25 ans d’atelier. Tu plaques de la terre en torchis sur des structures en osier, ce qui donne ces craquelures régulières, au dessin quasi mathématique. Ces torchis, faits de pigments et de terre, paraissent brûlés comme de la cendre.
Tu sèmes des graines de plantes au cœur de petites boules, faites d’un mélange de terre, de chaux, de pigments et de colle de lapin. Une fois arrosée, la boule finira par éclater, non pas par la force de l’eau, car sa cohésion est forte, mais par la force du végétal, les graines croissant par cet apport d’eau. Ton usage de végétaux est à la fois très primitif et très contemporain, ce qui pose la question de l’histoire et ramène le regardeur à la fois au passé et au présent. [...]

 

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Rencontre n°22
ISBN 2-915412-22-7
92 pages - Prix TTC : 9,13 €
Exemplaire(s)

 

Sculpture et modelage

Eric Manguelin rencontre Jean-Paul Domergue, Martine Clerc, Dominique Bajard et Claude Privet

Jean-Paul Domergue – Rencontre du 25 août 2000
En marge de mon travail de création personnelle, je forme des stagiaires venant en général d’ateliers de tailleurs de pierre et voulant apprendre à restaurer des statues dans le cadre des « congés de formation individuels ». Je leur enseigne l’anatomie, le dessin, la perspective, les proportions, toutes ces disciplines qu’on étudiait jadis aux Beaux-Arts. Nous sortions avec un bagage dont je ne me sers certes plus vraiment dans mon travail de recherche, qui m’est personnel. Il m’est arrivé qu’on me demande de restaurer une pièce dans une église et je le fais alors pour rafraîchir ces connaissances, mais j’en reste là, car ce n’est pas mon métier. Pourtant, certaines démarches d’apprentissage permettent de déclencher le système de création, « l’inspiration » [...]

Martine Clerc – Rencontre du 24 avril 2003
Tu présentes ici des pièces de bois, que tu as recouvertes d’une soie d’Inde, laquelle donne une couleur variable, rouge sang ou verte, selon l’angle de vue. Ces sculptures sont assez sensuelles : on a envie de les toucher, comme si elles avaient une peau, une chair. Ces figures tridimensionnelles ont un air de famille avec les monotypes que tu avais réalisés sur le modèle des Shakti, qui représentent dans le bouddhisme tantrique l’énergie féminine divine, le mouvement, la naissance, l’apparition. Ces figures féminines mettent en valeur ce que la maternité et l’enfantement contiennent à la fois de doux et de terrible.
Tes Velours de béton® prennent l’empreinte du bois qui a servi de modèle à la membrane élastomère sur laquelle ils ont été coulés. [...]

Dominique Bajard – Rencontre du 31 décembre 2003
La passion de la céramique te tient depuis l’adolescence. Tu as toujours eu envie de modeler la terre pour produire un monde d’images. La lecture des Métamorphoses d’Ovide est pour ton art une source d’inspiration toujours renouvelée. Se replonger dans ces histoires pleines d’humour, d’amour et de haine renvoie à des enjeux très actuels. Notre vie est de toute façon une suite de métamorphoses, comme par exemple durant l’adolescence. Et c’est lorsqu’on renonce à toute nouvelle métamorphose qu’on passe à côté de sa vie.
Ton art se nourrit de voyages, d’aventures, de barques, de chariots tirés par des enfants. [...]

Claude Privet – Rencontre du 30 avril 2003
Tu es depuis tout petit passionné d’archéologie. Le musée Guimet de Lyon, avec ses momies égyptiennes, t’a toujours fasciné. Tu as par ailleurs exercé pendant 19 ans le métier de prothésiste dentaire, ce qui t’a permis de maîtriser la technique que tu utilises aujourd’hui pour réaliser tes crânes et tes momies. Tes crânes en plâtre sont des moulages d’un même crâne initial trouvé à Casablanca, sans doute celui d’un adolescent marocain. Ton travail d’artiste commence avec l’application de la cire sur tes crânes en plâtre et sur tes momies, en vue de leur (re)donner une vie.
Lorsque tu « fabriques » un squelette entier d’humain, tu restes relativement fidèle aux proportions anatomiques, car sans ce réalisme de base, cela ne serait plus crédible. [...]

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Rencontre n°23
ISBN 2-915412-23-5
56 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Légèreté, suspension

Eric Manguelin rencontre Jacques Barry, Francis Tuzet, Gisèle Jacquemet et Anna Gaume

Jacques Barry – Rencontre du 30 juillet 2003
Tu es depuis 1972 professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Étienne et tu exposes actuellement à Saint-Julien Molin-Molette, chez l’éditeur Jean-Pierre Huguet.
Il a fallu que ta génération se débarrasse d’une idéologie, d’une lecture de l’histoire de l’art, et en définitive d’une chape de plomb, héritée des années 70. Tu n’as cependant pas pu faire l’économie d’une traversée de toutes ces étapes. Si tu acceptes aujourd’hui de voir dans ton travail une dimension poétique, il ne fallait pas dans les années 70 parler de poésie, de subjectivité. C’est donc pour toi une reconquête.
D’une manière générale, les artistes, à la fois individuellement et collectivement, peuvent s’installer dans des problématiques plastiques qui ne sont pas forcément bonnes, et avec lesquelles il leur faut finir par rompre. [...]

Francis Tuzet – Rencontre du 21 mai 2003
Tu travailles actuellement sur des œuvres que tu nommes « ectoplasmes ».
Dans les sciences occultes, les ectoplasmes sont des formes visibles possédant certaines propriétés physiques. Ils sont parfois émis par le médium en état de transes. Tu donnes cependant à ce mot un sens plus large : fantôme, apparition, illusion.
Pour ces pièces en paraffine, tu fabriques des moules en aluminium, en bois ou en papier huilé, dans lesquels tu coules la paraffine fondue. Il s’agit de plusieurs opérations successives, avec des moules de formes variées et de dimensions progressives, pour lesquels tu utilises des couleurs différentes à chaque étape : sombres d’abord, claires ensuite puis finalement noire. A chaque étape, la forme conçue précédemment est placée dans le nouveau moule et la couleur que tu verses à ce moment-là englobe la précédente dans un phénomène de fusion plus ou moins prononcé, selon la température. [...]

Gisèle Jacquemet – Rencontre du 24 juillet 2003
L’usage du papier imprimerie de qualité très ordinaire est dominant dans tes dernières installations. Tu le coupes généralement en bandes, sur lesquelles tu appliques de l’huile pour les rendre réactives à la lumière et les amener vers quelque chose de plus organique. L’huile laisse des traces profondes et s’incruste au cœur même de la matière.
Les formes en spirale que prennent ces grands pans de papier suspendus se rapprochent de celles du vivant ; en contrariant le moins possible cette forme tombante, tu retrouves la géométrie présente dans les formes naturelles. [...]

Anna Gaume – Rencontre du 14 juin 2003
Tu exécutes des portraits de plain-pied et de face, où tu demandes à ton modèle de poser comme il le veut. Tu le peins à l’aquarelle. Le visage est beaucoup plus détaillé que le reste : la bouche, le nez, les yeux sont à chaque fois plus travaillés, et du coup plus présents, plus réels. C’est ce que tu veux mettre en valeur, le reste semblant donné comme une simple indication. Tu peins le corps entier, ce qui donne à l’ensemble une grande verticalité, crée une pesanteur et ramène ces personnages à leur condition d’êtres humains. Ils posent ici non pas nus, mais à nu, et semblent porter l’humanité dans ce qu’elle a de plus fragile. C’est l’isolement dans lequel ils se tiennent qui les rend fragiles, mais ils s’imposent au demeurant à nous par cette fragilité même. [...]

 

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Rencontre n°24
ISBN 2-915412-24-3
68 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Traits-d'union

Eric Manguelin rencontre Dominique Torrente, A. Stella, Chantal Fontvieille et Jean-Baptiste Sauvage

Dominique Torrente – Rencontre du 18 juillet 2003
Dès tes premiers travaux plastiques, tu as travaillé sur et avec les mots. Maintenant, tu dis mieux pouvoir mettre des mots, un discours, sur ces mots plastiques.
Cette pièce couleur rouge écarlate faite de deux tambours brodés a un an, est inachevée et devrait faire partie d’une installation, à laquelle seront associées une jupe de flamenco noire étalée au sol et brodée, ainsi qu’une vidéo. La vidéo portera sur le travail de répétition des pieds des danseurs, rappelant qu’il faut savoir s’armer de patience et faire preuve d’humilité dans l’apprentissage.
Ton travail sur les mots consiste souvent à les isoler, à mettre en avant le corps de la lettre, le signifiant pour lui-même. [...]

A. Stella – Rencontre du 11 juillet 2003
Tu présentes tes travaux en exposant deux toiles complémentaires séparément, ce qui explique leur titre général : « ici et ailleurs maintenant ». Ainsi une interaction entre les deux complémentaires et leur lieu respectif d’exposition se fait-elle jour. Le rapport au temps a aussi son importance, puisque tes toiles, qui sont entièrement blanches, prennent une teinte différente selon les heures de la journée et le temps qu’il fait dehors. La grandeur de tes tableaux, de 160 par 120 cm, nous interpelle physiquement. Un tableau plus petit serait ressenti par nous comme moins puissant, car l’effet de « géométrie physique » y serait moins prégnant. Ton travail manifeste une tenue, une éthique, qui échappe, par sa dimension physique même, à toute rigidité géométrique, aucune des bandes que tu élabores couche après couche n’étant totalement rectiligne. [...]

Chantal Fontvieille – Rencontre du 6 novembre 2003
Nous voici devant trois stèles en béton de mêmes dimensions, d’une hauteur de 1,63 m et d’un poids de 300 kg environ, en alignement parfait les unes à l’égard des autres. Ces stèles éclatées d’impacts sont installées aux Subsistances, un ancien monastère de nonnes visitandines construit au XVIIème siècle, qui a ensuite servi de base aux subsistances alimentaires de l’armée française à Lyon. Tes stèles entrent en dialogue avec les arcades de l’ancien monastère et d’une manière générale avec l’architecture et l’histoire contrastée du lieu. Un cimetière contenant les restes et dépouilles de nonnes a été découvert à l’occasion de travaux récents menés aux abords du bâtiment. Des impacts de balles tirées en 1945 par des résistants, depuis la rive droite du Rhône contre le bâtiment des Subsistances alors occupé par les forces allemandes, étaient par ailleurs encore visibles jusqu’à une date récente, avant la transformation de ce domaine en centre d’art contemporain. [...]

Jean-Baptiste Sauvage – Rencontre du 29 janvier 2003.
En ce qui concerne ton “travail avec des briques”, on peut dire, pour aller directement à l’essentiel, que tu mets davantage en place un rien qu’un néant, car tu n’y mets pas en exergue l’absurdité des choses et du monde. Aller et venir, bref déambuler dans cet endroit, mène concrètement à un rien, en l’occurrence à une porte murée, condamnée, ou bien à une fenêtre, pour partie condamnée également, mais ne mène pas à un vide nihiliste. Tu ne prétends ainsi pas faire passer un message, et encore moins donner de leçon, même si ce travail in situ laisse au visiteur un sentiment d’étrangeté, que manifeste une absence de direction plutôt qu’une absence de sens.
Ton tour de force plastique est de piéger le regard sans pour autant donner libre cours à un illusionnisme. [...]

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Rencontre n°25
ISBN 2-915412-25-1
72 pages - Prix TTC : 9,13 €
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Les artistes de la chair

Eric Manguelin rencontre Gérard Mathie, Martine Chaperon, Chantal Fontvieille, Aymerick Ramilison et Horacio Lo Greco

Gérard Mathie – Rencontre du 26 février 2004
Par ce grand triptyque qui représente la femme universelle, tu as répondu à une commande d’une Ecole d’Ingénieurs de Lyon, qui t’a accueilli en résidence. Tu as voulu faire porter ton projet, destiné au Centre des Humanités, sur l’universalité du savoir. Tu ne donnes en effet pas à voir ici une femme, mais la femme, la mère charnelle de l’humanité, qui se donne à elle. Pour alimenter cette œuvre, tu as fait écrire par les étudiants qui fréquentent le Centre des Humanités et qui viennent des quatre coins du monde, une citation manuscrite dans leur langue maternelle, pouvant valoir comme fil conducteur de leur vie. Parmi toutes les propositions recueillies, tu as fait tienne cette parole de Goethe : « Ce que tu as hérité de tes pères, tu dois l’acquérir pour le posséder » et tu en as fait le titre même de ton œuvre. [...]

Martine Chaperon – Rencontre du 17 mai 2003
Le collectif d’artistes grenobloises dont tu es une des membres est « le Hang’Art ». To hang signifie en anglais « accrocher, suspendre » et les panneaux ou toiles en soie ou en papier que tu exposes ici sont effectivement suspendus à des cintres. Tu travailles sur des impulsions, des impressions de vie, que tu transmets dans tes toiles. Tu ne suis ainsi pas une démarche intellectuelle, mais travailles avec ton cœur, avec tes émotions. Tu n’as pas besoin de modèle pour créer, mais exploites jusqu’à épuisement une même veine, selon un travail en série. Une même force anime par conséquent l’ensemble d’une série, lui donnant une continuité. Tes travaux offrent la déclinaison d’une même inspiration. Tu te jettes dedans, n’œuvrant pas dans l’un et le multiple, ce qui constituerait une démarche plus intellectuelle. [...]

Les artistes de la chair
Conférence-débat organisée dans le cadre du festival « La chair et Dieu » le 26 novembre 2003 à l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines de Lyon, et présidée par Eric Manguelin, philosophe, avec la participation de Chantal Fontvieille, Aymerick Ramilison, Horacio Lo Greco, artistes plasticiens.
« Le concept de chair fut développé pour la première fois dans l’histoire de l’art par Denis Diderot en 1765, pour désigner la capacité qu’ont les peintres d’exception (et il pensait dans son siècle à Greuze ou à Chardin) de faire apparaître sur la toile tant le ton rosé de la peau que le sang circulant sous la peau, dans les veines. Faire advenir la chair dans un visage ou dans un nu, c’est les rendre animés et vivants. [...]

 

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Rencontre n°26
ISBN 2-915412-26-X
76 pages - Prix TTC : 9,13 €
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La mère et le fils

Eric Manguelin rencontre le tableau "La mère et le fils", de Patrice Giorda

Ce tableau s’inscrit dans la série L’histoire de la Croix, peinte par Giorda en 1989. C’est une toile de grand format, de 196 par 140 cm, à l’acrylique. Très peu de couleurs sont ici utilisées : noir, blanc, citron, violet, vert Véronèse, ocre jaune, jaune de Naples, Brun d’Orient. Les coups de pinceau sont ostensiblement à la fois amples et précis, ce qui signe tant la spontanéité que la maîtrise de l’artiste ; surtout ils sont saccadés, rapides, distribués presque frénétiquement sur toute la surface de la toile. La couche de peinture est assez importante et semble comme prise dans l’épaisseur, offrant de la sorte à la fois l’instantanéité et la trace d’un geste, d’un mouvement, d’une présence. Un éclair jaillit de ce tableau aux couleurs contrastées, toniques, associées de manière tonitruante : ça pète, ça claque ; si bien qu’il résonne comme un coup de tonnerre. [...]